La foulque macroule : Fulica atra
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La foulque macroule (Fulica atra)


Ainsi le mot judelle nous viendrait de jondelle
Et conviendrait aussi à la poule des eaux...
Vous êtes sûr de ça ? Évidemment... jonc... d'aile…
Je croyais... de Judée. C'était peut-être idiot !

Parce que foulque, c'est la suie et atra, c'est le feu.
J'ai d'ailleurs vu le film où l'on se fait la guerre
Pour un brandon éteint et c'est l'apocalypse.
Naoh et ses deux frères ignorent tout des chips,
Mais découvrent l'amour, la façon missionnaire…
J'oubliai le briquet ! En deux heures, c'est bien peu.

Bien sûr, vous le savez, macroule ou bien macreuse,
Cela viendrait de macre qui est une corniole
Et désigne le fruit de la châtaigne d'eau,
Celle dont je me nourris.

_______________La Judée me plaisait…
Ma kippa sur le bec et mon bel habit noir
Me font juive comme si j'étais de Saint Jean d'Acre,
Sauf les frisettes… pour ça, je n'ai aucun espoir.
Cela dit, je m'en fouts, ne suis pas de nature,
Ni à me lamenter, me cogner sur les murs,
Ni d'ailleurs - Qui ferais-je ? - monter sur des chevaux
Ou craindre les cabales

Pour conjurer le mal, pour conjurer le sort,
Je dessine sur l'eau des ondes vibratoires,
Des cercles concentriques, plonge au milieu du rond
Après un petit bond, cueille des herbes au fond,
Remonte comme un bouchon.
_______________Nous sommes un peu sorcières
Et nos incantations… - Vous appelez ça des cris ! -
Ont des vertus magiques pour exploiter au mieux
Les milieux aquatiques... L'eau nous aide à flotter
Comme par sustentation. Mais pour y pénétrer,
La poussée d'Archimède s'oppose à nos projets.
Nous avons une formule qui change ses paramètres,
Si Dieu nous vient en aide, juste pour remonter,
Revoir les libellules. Je n'affabule pas !

Et pour marcher sur l'eau... comment serait-ce possible,
Sans un peu de magie ? Sur le lac Tibériade,
Fallut que Jésus crie ! Enfin, c'est ce qu'on dit...
Sauf si des angelots, des ballons de baudruches
Tout gonflés à l'air chaud, ne l'avaient sustenté
Et qu'il aurait triché. Il reste une hypothèse,
Mais elle vaut ce qu'elle vaut : Que Jésus fût lama
Et qu'il vint du Tibet !

Avez-vous remarqué, quand l'une de nous court
Sur l'eau, vite et s'essaye à la lévitation...
Que ses voisines sauf celles qui sont prises de court,
Le font également, puisque les conditions
Locales sont changées. Celles qui ne le font pas,
Restent alors prisonnières de l'eau qui les retient.
Ça ne dure qu'un instant. Elles trouvent le moyen,
La formule qui convient pour se tirer de là.

Alors, elles nous rejoignent jusqu'au bout de l'étang,
Remontent sur la plage, s'endorment un instant
Où parcourent les gazons où elles vont pâturant,
Se toisent, la tête haute ou en se chamaillant,
Provoquent des paniques, des bouleversements
Qui dérangent le héron qui s'en va, criaillant.
Les canards tournent en rond, médisent en cancanant.
Même les grèbes s'enfouissent sous l'eau, subitement.

Ainsi va notre vie qui s'écoule comme le temps.
Comme tous les oiseaux, on s'aime, fait des enfants,
Les élève tendrement, les défend farouchement,
Leur apprend ce qu'on sait jusqu'à ce qu'ils soient grands.
Il n'y a guère d'oiseaux qui peuvent se prévaloir
D'une vie plus heureuse... J'aimerais, mais je n'ose
À vous réincarner, par la métempsycose,
Si le karma permet, si vous voulez y croire,
En foulque ou en judelle, à manger des cornioles,
À régner sur les eaux et jouer les branquignols.

Étang Saint Jean, Locoal Mendon.