Le forficule : Forficularia auricularia
®
Le forficule (Forficularia auricularia)



Bien peu de gens le savent, mais il fallait aux fées,
Avant qu'on les bannisse d'un monde sans esprit,
Vêtement si léger que seules les araignées
Savaient tisser la toile, le fil qui la cousît.

Les fées ne sont point douées pour les tâches ménagères,
(Sauf la fée du logis, mais je n'en connais guère)
Il leur fallait aussi quand elles se salissaient,
Faire tremper leurs toilettes et puis les faire sécher.

C'est la seule raison qu'on nous eût mis sur terre :
Servir de pince à linge pour leurs robes menues,
Pour qu'elles ne se froissassent quand les fées étaient nues,
Qu'elles n'eussent point besoin de repasser le fer.

Mais un matin maudit, peut-être un crépuscule,
Les Dieux prirent d'un coup possession de la terre .

Éole fut le premier, les vents qu'il éjacule,
Suivi de près par Zeus brandissant le tonnerre.

Un petit courant d'air convient au linge qui sèche.
Qu'un ouragan se lève et tout est mis en pièce
Vulcain fit tant de feux que le tissu fut rêche
Et rétrécit au moins de plus d'une bonne tierce.

Les fées n'eurent sur le cul qu'un pauvre cache misère
Et sur l'île Bikini débarquèrent sur-le-champ
Où elles furent toutes victimes de la bombe nucléaire…

Cette histoire inventée plaira-t-elle aux enfants ?

Les légendes plaisent bien aux petites forficules
Pour les faire patienter quand je leur lèche le cul
Pour les débarrasser de tous les mycéliums
Qui les tueraient, c'est sûr, les priveraient de pommes.

Jardin de Kerlivio, Hennebont.