La fauvette mélanocéphale : Sylvia melanocephala
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La fauvette mélanocéphale (Sylvia melanocephala)


Une grange de pierre à demi écroulée…
Quelques ceps de vignes envahis de broussailles…
Personne ne vient plus secouer les amandiers,
Ramasser les olives, les tomates ou bien l'ail.

Le maquis reprend ce qu'on lui a enlevé,
Quand les hommes d'avant avaient tout labouré
Et construit des terrasses pour retenir la glaise,
Obligeant les lapins à faire du steeple-chase.

Maintenant les asperges et les salsepareilles
Prennent d'assaut kermès, caroubes et cytises…
La cuscute sur le thym se pare de vermeil.
Les abeilles, sur les fleurs, paressent et s'éternisent.

L'hiver est souvent dur lorsque le vent descend
Furieux de la montagne et parfois me rend folle…
Je me cache, je me terre, j'ai trop peur qu'il m'envole.
J'attends que les iris m'annoncent le printemps,
Que l'heure arrive enfin où à l'abri des feuilles,
Je puisse me vouer à la musicologie.
Je compose, j'improvise, épuisant les recueils
De tous mes babillages, de tous mes gazouillis.

Quelquefois je m'oublie et dans l'excitation,
Je me montre un instant sur une branche dégarnie.
Quand je m'en aperçois, l'œil rouge de confusion,
Je retourne surveiller ma femelle et son nid.

J'alerte et me querelle, question de caractère.
Il faut défendre sa niche quand on est sédentaire.
Vous-même, vous m'énervez assis à même la terre,
Á m'épier comme si j'étais serpent de mer !

Saint Martin du Var.