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Famine patibulaire


Au-delà des clôtures du pays des Pâtures,
Les lionceaux, les gazelles, les chameaux, les lémurs,
Pour raison de dumping, crevaient tous donc de faim.
Les salades, les fruits, l'ivraie et les regains
Arrivaient bien moins cher des Pâtures aux savanes
Qu'on ne les payait aux chevaux ou bien aux ânes.

La raison bien connue tenait tout simplement
Aux aides, aux subventions que l'Euromembrement
Versait aux productions qu'exportaient les Pâtures.
Face à la concurrence déloyale et très dure,
Le pays des Savanes ne pouvait pas lutter.
La faim poussait les bêtes à vouloir immigrer.

Pour fermer aux Savanes toutes les voies de terre,
Le pays des Pâture avait mis des barrières
Gardées par des pitbulls armés de carnassières.
Il ne restait donc plus aux lionceaux que la mer
Qu'ils affrontaient dans de bien frêles embarcadères.
Et beaucoup se noyaient car bien peu touchaient terre.

Et les rares survivants étaient mis dans des camps
Où ce qui se passait était jalousement
Tu et gardé secret, y compris l'indicible…
Quand tous ces affamés pouvaient servir de cible
Aux tasers électriques pour expérimenter
Sans craindre que se plaignent ces quelques immigrés.

Parce que le fin des fins au pays des Pâtures
C'était que l'on affame, sans autres fioritures,
Le pays des Savanes ou celui des Outardes,
Puis qu'on criminalise et fasse donner la garde
Sur tous les affamés auxquels seule l'errance
Leur permettait de fuir la libre concurrence.

29 février 2008 / «® / ©»