| Colchide dans les prés, c'est la fin de l'été... On vient de me lâcher. Alors, je suis paumé. Je ne reconnais rien de cette sauvagerie… De plantes inconnues encombrent tout l'espace. J'aurai beau le chercher ; où est donc le grillage Où sage, j'attendais, derrière, que le temps passe, Bien nourri, tous les jours et aussi à l'abri Des dangers que l'on court avec les bêtes sauvages ? Et puis voilà la nuit ! Où vais-je donc dormir ? Les branches de ces arbres sont encombrées de feuilles. Comment voulez-vous qu'elles me servent de perchoir ? Vous dirais-je les bruits que j'entends dans le noir ! Sont-ce ceux du renard ? Je ne l'ai jamais vu. Dans le livre que j'ai, il manquait une feuille Et comme par hasard, celle qu'il m'aurait fallu Pour tout savoir de ceux qui me feraient mourir. Je cours dans tous les sens avec la tête levée. Je m'arrête, brusquement, car la tachycardie Associée à un stress, libère des médiateurs Qui vident mon cerveau du sang que j'ai au cœur. J'ai de plus en plus peur. Passerai-je la nuit ? Au matin, ça c'est sûr, je serai fin crevé. Il me reste un espoir, une chance à saisir. Au loin, j'aperçois les lumières d'une cité Vers laquelle, au plus vite, profitant d'une clarté, Je me presse, je me hâte et j'arrive bientôt Dans un petit jardin qui fait comme un enclos Où je vais demeurer en toute sécurité. Au matin, cependant, légèrement inquiétée, Votre proche voisine vous demande de venir Pour me prendre, dit-elle, car elle craint pour ses fleurs, Aussi pour son bichon qui tremblote de peur. Mais, je m'envolerai en kokokoquetant, Pas très loin, cependant, pratiquement à côté. Par hasard, j'atterris, pile dans votre jardin. C'est là que je m'y cache au sein de vos verdures Et me résous, bon gré, à vivre l'ouverture. J'attendrai, sagement, jusqu'à lundi matin, Que cessent les bruits des coups de fusils tirés Et que vous rentriez vos chats bien turbulents.
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