Sabotage !
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La vermine finit toujours par se métamorphoser…



Cela fait bien longtemps, car parti en voyage,
Que j’ai bien négligé l’histoire des Pâturages…
La chronique, devrais-je dire, des Pâtures, qui plus est,
Afin de rendre compte, chaque jour de l’année
De la vie des moutons, des bœufs ou des renards,
Comme de celles des oiseaux, des poules et des canards,
Des poissons, des reptiles, des serpents, des lézards,
Des insectes affairés comme le sont les cafards,
Mais aussi des cigales qui ne vivent qu’un été
Au soleil, dans un arbre, sous les branches, camouflées...
Des fourmis besogneuses, à jamais incapables
D’accorder quelque instant comme de traîner à table,
Savourer un dessert, une goutte sucrée
Qui suinte du puceron quand il offre la tétée…
Mais j’ai tout négligé et j’ai fui au plus vite,
Au plus loin que j’ai pu, de peur que l’on m’invite
À regarder encore par le trou des serrures
Le déclin qui frappait le peuple des Pâtures.
C’est cela que j’ai fui et la désespérance
Qui frappait mon esprit devant une telle engeance.

Pour autant, je l’avoue, je restai informé,
Incapable au matin, bien trop tôt éveillé,
Ou bien tard dans la nuit, dans le noir allongé,
Ruminant ma colère me laissant épuisé
Incapable disais-je, de me faire une raison,
Au fait qu’aux Pâtures, on n’ait pas tué pas Scorpion *
Qui ne s’amusait, mais, que de ses trahisons,
Que de ses coups tordus avant les élections
En lâchant quelque tueur fanatique sur les prés
Pour qu’il y laisse, exsangues, quelques veaux égorgés…
Les bêtes aux Pâtures paniquent et font sous elles,
Crient au Loup ** et ont peur de la moindre Gazelle,
L’accusant de mille maux quand elle broute un carré
D’un empan de côté de gazon réservé
Aux seuls moutons bien nés et fort bien protégés
Par des pitbulls féroces aux crocs bien acérés.

Comme sorti d’un chapeau et d’un tour de magie,
Apparut aux Pâtures, le lapin Exuvie ***...
Dont le rôle, vite compris, était qu’il nous dépouille,
De nos acquis sociaux qui partent en quenouille ;
De nos retraites fondant comme peau de chagrin
Ne laissant guère aux chiens qu’un maigre bout de pain ;
De l’assurance santé contre les maladies
Où seul le rhume des foins quand il touche les brebis
Pourra être remboursé au dixième de son prix ;
De nos codes du travail, quand labourer la terre
Serait moins pénible qu’une sieste au Ministère…

Exuvie fit très vite avec l’aide Vipère
Et du quarante-neuf trois, pour foutre tout en l’air
De ce qui donnait une certaine cohérence
Aux us sans lesquels seule la déshérence
Tiendrait lieu de coutumes, de règles et d’usages,
Ce que les bêtes âgées, inspirées et très sages
Avaient su éviter au temps d’avant les crises,
Les crises provoquées quand l’âpreté aiguise
L’appétit pour les biens qu’il faut accumuler.
Toujours plus et encore et encore, sans arrêt...
Tout est bon pour cela. Les riches savent y faire
En forçant les plus faibles à survivre en enfer
Et juste assez de blé pour une maigre galette,
Et juste assez de paille pour une couche maigrelette,
Et juste assez d’eau sale au fond de l’abreuvoir
Pour ne rien regretter, en route pour l’abattoir.

Exuvie fit au mieux pour les bêtes au chômage
Qui devinrent si nombreuses que plus aucun comptage
Ne permettrait jamais qu’on en sût le vrai nombre
D’autant que sans ressources, c’est au royaume des ombres
Qu’elles partaient par milliers, chaque année, quoi qu’on fasse,
Cadavres empestant et futiles carcasses,
Mortes prématurées, bien qu’à peine être nées,
Dont on disait le nom en se bouchant le nez.
Exuvie excellait pour les sales besognes
On le voyait partout, triomphant sans vergogne…
Tant et si bien que sonne le temps des élections,
Il devint, de facto, sans la moindre discussion
Favori des sondages, des médias qui se pressent
Pour le montrer partout et vanter la promesse
Du renouveau radieux pour toutes les Pâtures
Alors qu’il n’est, en fait, qu’une belle imposture.
Mais qu’à cela ne tienne. Que son discours soit vide,
Qu’il n’ait aucun programme, ou sinon, qu’insipide,
Il était beau et jeune et si intelligent,
Ce qui valait bien sûr qu’il apparaisse aux gens
En moyenne deux fois, par heure, sur les écrans,
Sans jamais qu’il explique, fort bien inconsistant,
Son programme politique, quand tous ses concurrents,
Assaillis, harcelés, traités d’irréalistes,
Devaient tout expliquer à des économistes
Dans l’oreille desquels la seule chose qu’elle écoute
Quelle que soit la question, c’est dire combien ça coûte !

À ce petit jeu-là, au soir du premier tour,
Exuvie et Bernique4* s’offrirent les petits fours.
Et malgré sa campagne, très suivie aux Pâtures,
Blanchon5*, onc qui n’avait volé de confiture
Contrairement à d’aucuns, fut bel et bien battu
Et les bêtes insoumises se retrouvèrent cocues.
Scorpion qui jubilait s’offrit comme il se doit
Une belle érection… La dernière, je crois.






29 avril 2017 / «® / ©»




* Scorpion est le félon, politiquement mort, encore pour un temps court à la tête des Pâtures.
** On dit qu'il baise Scolopendre, mais c'est plus probablement le contraire.
** Loup est le père de Bernique
***Exuvie, quand il n’était que banquier, puis ministre de Scorpion se faisait appeler Maquereau 6*, mais ce nom ne lui convenait guère, bien que ce soit lui seul qui faisait la pute. Alors quand il fut question de se présenter aux élections pour être président des Pâtures, à l’instar de Flamant Rose qui se renomma Scorpion, Maquereau voulut qu’on l’appelât Exuvie.
4*Bernique est Fasciste Nazillarde.
5* Blanchon est à la manoeuvre aux Pâtures insoumises
6*
Maquereau fait la pute avec les milliardaires des Pâtures, mais ne veut pas que cela se sache. Et quand bien même tout le monde le saurait, cela n'a aucune incidence puisque c'est Bernique qui faschise ! Tas de cons !
7*Senestre est l'ancien nom des Pâtures Insoumises