|
Le peuple des pâtures déposait ses chiures Toutes au même endroit. _____________Pour l'hygiène, c'est un choix Qu'il faudra respecter. On ne peut plus laisser chacun faire où il veut, Quand l'envie lui en prend, ses merdes, ses excréments, Même s'il s'en trouve heureux. Les moutons et les bœufs deviennent si nombreux Qu'ils n'ont plus, sur les champs, qu'un petit pied à terre. Alors s'ils chient par terre. Ils couvrent leur chiendent, De bouses et de crottes, de chiasses et d'étrons Qui ne sentent pas bon et cotissent leurs bottes, Disait un responsable des rejets entériques. Il nous faut une table, en tout point hygiénique. Mais les bœufs, les moutons ne savaient pas que l'herbe, Ainsi privée de merde, manquerait, pour de bon, D'éléments nutritifs. Le gazon maladif jaunissait et fanait. Il fallait le traiter. Le peuple des pâtures acheta des nitrures D'ablettes et de mérous, aux oiseaux du Pérou. Il continua de chier sur des tas qui puaient Et attiraient les mouches, toutes les eaux polluaient. Puis remettait une couche d'engrais sur ses pâtures. Pour faire bonne mesure, en rajoutait une autre. Et ceux qui protestaient étaient jetés aux peautres. En deux temps, trois mouvements, Le problème devint, très vite, récurrent Et seuls quelques devins, discrets, il le fallait, Annonçaient le séisme, la crise, le cataclysme Qui frapperaient sous peu les moutons et les bœufs. L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (3 juin 2002)__________
|