| Je suis bien obligée de me faire une cure, De lumière, de soleil… puisque c'est dans l'obscur, Que je vécus mon temps, du temps où j'étais larve, Dans la merde, les égouts ou bien l'eau des décharges. Au temps de ma jeunesse, on me dit queue-de-rat, Car je suis asticot, pourvu d'un long siphon Par lequel je capture, pour la respiration, L'oxygène de l'air qui m'évite le trépas. Mais sitôt que j'éclos, je fredonne sur place Dans les rais de lumière, qui percent la feuillée… __ Êtes-vous sûr que ce mot qui rappelle les chiottes Convienne pour désigner la cime des canopées ? __ Je me pose sur les fleurs composées des carottes Et qu'une mouche passe, aussitôt la pourchasse… Puisqu'il me faudra bien satisfaire à l'amour Et pondre tous mes œufs au-dessus des cloaques. En hiver, je serai au chaud dans la baraque Qui abrite les vaches pour profiter des jours Où le soleil se montre, et voler en surplace… Même si au dehors, le temps est à la glace !
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