| Hombre ! A mi me parece, que vous êtes trop près. Je préfère plonger, disparaître à jamais Dans la jungle d'herbiers qui couvre mon marais. Le temps de vous montrer : mon bec épais, bleuté Et franchement renflé, juste au bout, un crochet ; Ma silhouette engoncée ; ma queue courte, relevée ; Mes joues blanches comme la craie ; sur mon œil, une raie ; Mes ailes brunes ponctuées de roux, de pointillés Et de noir comme le jais… Sur ma tête, un bonnet pour être bien coiffée. Rare et localisée, difficile à lever Et préférant plonger, je garde mes secrets. Êtes-vous invisible parce très bien caché ? La lagune s'endort. Les oiseaux sont calmés. Je sors de mes herbes et je me laisse bercer Par des vagues d'ondes courtes dans le vent chaud d'été. Mais à la nuit tombée, je vous entends bouger. Aussitôt les hérons s'envolent dérangés. Ma lagune tout entière crie son hostilité.
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