| Puis-je compter sur vous pour ne pas divulguer Que j'habite Hennebont, des arbres en bouquets Tout en haut de la ville d'où je vois le Blavet ? J'ai conquis la cité, ses toits, ses jardinets. __ Est-ce inconscience folle ou bien témérité ? __ Je sentais, comment dire, un peu confusément Que cette question-là, vous me la poseriez… Pour la raison surtout que je suis épervier, Improbable, à vos yeux, que je sois l'habitant D'une ville peuplée d'hommes qui courent les rues Et donc incompatible avec mes mœurs discrètes. Car vous savez de moi que ma vie est secrète, Qu'à la campagne, souvent, je passe inaperçu. Quand je traverse l'espace, voyez comment je fais, Au ras du sol, très vite, déjà je disparais. Bien sûr, on peut me voir, mais en instantané. Quant à me reconnaître, il faut des facultés Ou bien des connaissances qui ne sont partagées Que par peu d'entre vous et qui me protègez. De plus les citadins ne savent rien de moi Et je parierais bien qu'ils ne me verraient pas Même si j'étais teint en rouge, complètement, Comme les feux qu'ils grillent, souvent allégrement. Mais c'est à la campagne que je suis en danger. Je dois être discret, m'abstenir de chanter, Sauf un peu le matin ou tard dans la soirée ; Ou dans les cumulus, en orbes, m'envoler. Et puis, sachez qu'en ville, on ne peut pas chasser. Dans les champs, le chasseur, je pourrais le croiser. Il suffirait alors que je longe une haie, Que je tombe sur Nemrod qui s'en va paniquer Et vite s'écrier : - Ah ! Enfin du gibier ! - Épauler et tirer, hélas, m'exécuter… Et laisser à jamais mes enfants affamés. Alors cette question qui vous tarabustait... Aux pigeons ou aux pies, leur auriez-vous posée ? Pourquoi voudriez-vous que les rapaces n'aient, À l'instar des moineaux, façon de s'adapter À la présence de l'homme ? _________________________S'il est urbanisé ! Pour les oiseaux des villes, il n'est plus un danger. Il leur faut seulement et beaucoup se méfier Des chats ou des autos. Vaut mieux se défiler !
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