| J'habite sous le toit de papier goudronné Qui couvre la baraque où dorment les lapins. J'y édifie mes toiles qu'on voit toute l'année. Quand il fait vraiment froid, je demeure cachée Dans un fourreau de soie sous les planches de pin… Sinon, je tisse ma toile, ce, dès la nuit tombée. Je ne suis pas gênée par la lampe qui m'éclaire. Bien davantage par toute l'humidité, Sous forme de vapeur et qui sature l'air Enlevant à mes soies beaucoup de qualités. Mais qu'importe, au matin, vous viendrez me nourrir D'une mouche domestique que je ferai mourir… Pas de suite, pas trop vite, car je la paralyse, L'entoure d'un fourreau de soie d'une filière Qui sécrète des fils auxquels rien n'adhère. J'y injecte des sucs qui, doucement, la lysent. Je la suce, patiemment. Il me faudra huit jours Avant de la vider, en entier, pour toujours. Vers la fin de septembre, nous nous reproduirons, Au terme de pariades qui vous occuperont Un long temps de la nuit. __________________Mais mon mâle prudent, N'est jamais très pressé… jusqu'au dernier moment. Son sperme enveloppé, il me le confiera Et sans me dire : _________- Heureuse ? - __________________Se carapatera !
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