| Des sangliers, leurs laies, ont remué la litière Á la recherche, sans doute, de ces gros vers de terre Qui recyclent les feuilles et toutes les matières En humus odorants et en terre de bruyère. J'habite sur des podzols où poussent des bouleaux, Des bruyères ciliées et de la molinie. De grands fossés creusés évitent l'asphyxie Aux racines des arbres en évacuant l'eau. Un lièvre matinal, sur l'allée, vagabonde. Il dresse ses oreilles pour capturer les ondes Qui peuplent l'atmosphère ainsi que les senteurs D'un printemps qui arrive, cette année, de bonne heure. Un cerf dont la tête est coiffée de velours, Rauque dans les sous-bois, car il est dérangé. Il ne sait pas par quoi, car vous êtes caché, Mais vous devez puer comme chienne en amour. Á moins que votre pipe, qui flatte vos papilles En dépit de tous ses goudrons cancérigènes, Ne l'incite à rester à l'abri des charmilles. Vous devriez savoir que la fumée le gène ! Des mésanges nonnettes provoquent mon courroux. On n'est plus en hiver, quand c'est le temps des rondes Auxquelles je participe pour parcourir le monde. Car ces deux chipies-là veulent me chiper mon trou. Alors je les poursuis pour qu'elles aillent voir ailleurs. Cette année, j'ai choisi un grand saule marsault Qui va bientôt mourir rongé de l'intérieur, Pour y creuser mon nid sous la fourche du haut.
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