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Entre deux mots...



C'est donc jour d'élection. Dans les bureaux de vote,
Á midi, je le note, c'est plutôt abstention
Qui prime un peu partout…
_________________Pour faire gagner le Loup ?

Pléthore de candidats plonge dans l'embarras
Les moutons et les bœufs…
_________________Mais veulent-ils vraiment d'eux ?

Donner majorité aux candidats béliers
Ne serait sinécure aux bêtes des pâtures.

Voter pour Flamant rose qui veut cohabiter
Rend les moutons moroses. Ils ont déjà donné.

Le Putois, la Belette, du parti prolétaire,
Veulent une dictature et bientôt feraient taire
Les peuples des pâtures.
_________________Le Loup et le Chacal,
Deux maux et non des moindres,
_________________ne laissent rien que poindre
Entre fourbe et bestial.
_________________Les autres, bien entendu,
Comptent les votes en écus, sonnants et trébuchants
Qui tombent pour cinq ans.

La loi électorale du peuple des pâtures
Est une vaste imposture qui conduit, c'est normal,
Á sur-représenter les partis dominants…
Les petits, les laisser à jamais au néant.

Chez Bison, c'est bien pire. Deux pour cent des plus riches,
Défendant leurs empires, leurs bourses remplies d'artiche,
Présentent deux candidats.
_________________Les pauvres, les bamboulas,
Là-bas ne comptent pas et même ne votent pas.

Chez nous, les volatiles, nous avons mis au point
Un système très subtil où l'on ne choisit point
Pour un seul candidat.
_________________Nous donnons une note
Á cinq de notre choix dont nous pensons qu'ils sont
Mieux pourvus de jugeote et pourront, de raison,
Tous nous représenter.
_________________Ce sont les mieux notés
De la liste qui sont élus aux assemblées.
Est-ce un système parfait ?
_________________Je me doute que non,
Sinon ça se saurait. Il est moins imparfait
Que la proportionnelle, ainsi moi l'hirondelle
Je suis représentée par celui qu'on appelle
Le hibou des marais et qui, en mon nom, parle.

Mais les oiseaux des cieux, des eaux et des forêts,
Ont une gouvernance (excellente à leurs yeux)
Qui donne préférence à la chose commune
Plutôt qu'à l'intérêt d'un lobby, sa fortune.
Depuis la nuit des temps, tous les oiseaux appliquent
Une bonne politique de développement
Qu'on pense soutenable.
_________________Sinon depuis longtemps,
Nous n'aurions plus à table de quoi nous restaurer,
Nous serions tous crevés.

Pour pouvoir tout brouter, les moutons des pâtures,
Partout veulent imposer leurs seules candidatures.
Ils se montrent gourmands au point qu'ils tondent à ras
Les herbes, tellement, que bientôt les pâtures
Ressembleront, c'est sûr, au désert Sahara.

Mais c'est sans importance, gonflés de flatulences
Gazeuses, méthanisées, maires et députés,
Ministres ou président, mastiquant, ruminant,
S'en mettent plein la panse et s'étonnent que l'on pense,
Qu'il vaudrait mieux qu'ils meurent
D'un brusque arrêt du cœur ou bien d'apoplexie...

Qu'on grave sur leur gisant :

De leur vivant : pourris.
Morts et toujours pourrissants !


L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (9 juin 2002)__________

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