L'engoulevent à collier roux : Caprimulgus ruficollis
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L'engoulevent à collier roux (Caprimulgus ruficollis)

Une harde de cerfs croise votre chemin.
Ils renâclent bruyamment et vous chargeraient bien.
Vous ne pesez pas lourd et seriez vite réduit
Par tous ces gros balourds, à l'état de charpie.

Mais malgré tous leurs bois, leur vitesse à la course,
Leur force musculaire, car ils sont mâles, entiers,
Les hormones, en été, laissent en paix leurs bourses.
Ils fuiront apeurés sans oublier de chier.

Le crépuscule s'avance en tirant de la nuit
Le lourd rideau d'étoiles qui enveloppe la terre.
S'il arrive parfois que la lune nous éclaire,
C'est qu'une mite a rongé la banne pour qu'elle fuie.

Je ferai quelques tours comme une ombre ténue.
Surtout je chanterai, car vous n'auriez pas pu
Bien me différencier de mon cousin d'Europe,
Même si vous m'aviez mis dans le télescope.

D'autant plus que vous êtes, myope, hypermétrope.
Vous ne serez jamais comme les lycanthropes,
Doué pour voir la nuit, c'est-à-dire nyctalope.
La lumière fuit la nuit, quand bien même elle cassiope…

Les Dieux, pour une fois, n'ont pas trop joué aux cons
En vous privant de nuit. Dans l'œil, pas de bâtons !
Sinon qui sait ce que vous feriez aux oiseaux,
Aux bêtes de la nuit, comme sévices brutaux ?

Torrejon el Rubio, Cáceres, Espagne.