®
Emportés par le fioul...


Au pays des Nitrates, comme partout ailleurs,
Le fioul était très cher et ruinait les pêcheurs.
Mais qu'à cela ne tienne, car Virus* dans l'instant,
Promettait une rente à tous les cormorans,
À tous les goélands, aux pétrels, aux puffins,
Qu'ils prennent du poisson ou du menu fretin…
Et s'ils restaient à quai, ils auraient un salaire.
Au pays des Pâtures, Virus voulait plaire.

Aussitôt les belettes, les chats et les lapins
Se dirent qu'il était temps, que pour leur gagne-pain,
D'arrêter de bosser pour toucher une misère
Et finir par crever rongé par les cancers.

Le service minimum tant vanté par les riches
Leur vaudrait bien assez pour toucher de l'artiche.
Et s'il devait se faire qu'ils soient privés de table,
Les nantis le seraient, aussi, et moins capables
De tenir bien longtemps en ayant un peu faim,
Quand les pauvres, habitués, n'imaginent pas demain
Qui pourrait être pire, sauf si d'aventure,
Les bêtes arrêtaient tout au pays des Pâtures.

22 mai 2008 / «® / ©»



* Virus est l'actuel président des Pâtures.