| D'où je suis, je vois bien que vous ne voyez pas Les toros qui s'approchent, taillés comme des Muria. Ils marchent sous les lièges et, encore quelques pas, Vous sentirez leur souffle sur les poils de vos bras. Je fais des signes que vous ne comprenez pas. Je fais le papillon, vole en tournant sur place, Un plané, une glissade, et d'une volte-face, Je plonge en fondant sur un gros criquet bien gras. Les toros vous regardent bien plantés sur leurs pattes. Ils soufflent bruyamment pour capter vos odeurs. Vous sentez le tabac. C'est ça qui leur fait peur… Quand des vaches surviennent et tous se carapatent En marchant doucement, en agitant la queue, Jusqu'à l'ombre propice où grattent des perdrix Qui protestent et crient qu'elles n'aiment pas les bœufs Et courent cacaber dans des herbes jaunies. Alors les bovidés urinent et puis se couchent. Silencieusement, ils mastiquent de la bouche Des bouchées fermentées qui sentent le caillé Et laissent échapper des pets méthanisés. Je me suis approché, un instant, de la route Où court un cochevis… Sur lequel plane un doute, À savoir s'il est de Thékla ou bien huppé… Où court un cochevis picorant des insectes Qui furent assommés, écrasés, aplatis, Par des camions qui passent, chargés jusqu'à la gueule De planches de bouchons et de chauffeurs qui gueulent Puisque la cargaison en se cassant la gueule Embarrasse la route d'une incroyable meule. Les toros effrayés, rapidement, ont fui. Ils ont même débandé plus loin que l'infini. Il y a belle lurette, sans demander mon reste, Je suis parti chercher de plus calmes agrestes.
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