L' écureuil : Scurius vulgaris
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L' écureuil (Scurius vulgaris)



J'ai peine à l'avouer, je souffre de vertige.

Les Dieux sont vraiment roués. Ils m'ont mis sur les tiges
Des arbres les plus hauts que la brise du vent
Secoue comme un bateau.

_____________________Je risque tout le temps
De tomber, m'écraser ou pire de me blesser
Et de mourir trop tôt en me tordant le pied.

Le stress accumulé va me rendre crazy
Autant que je le suis dans les Tex Avery

Pourtant j'ai ce qu'il faut pour vivre sur la terre
Et respirer les fleurs qui poussent en parterre.

Seul, le pouillot siffleur peut trouver son bien-être
À vivre dans des arbres aussi hauts que le hêtre.

Vous me voyez souvent, quand d'un tronc, je descends,
La tête la première pour rester survivant.

Comment je serre les ongles fortement jusqu'au sang,
Les fesses et les mâchoires, tant la peur me tenaille
Et le cœur en dedans qui bat à plus de cent…
J'ai hâte, je saute à terre, la queue en gouvernail
Et m'en vais rechercher des cônes à ronger
Remplis de graines sucrées qui feront mon dîner.

Mais dès le moindre effroi, je souffle, vite, je grogne…
Plus vite, je m'enfuis… Très vite, je me sauve…
Mais au lieu de le faire en courant ventre à terre,
Je grimpe dans les arbres qui portent mes alcôves
Et les boules de mon nid. Je me retrouve en l'air.
Le vertige me reprend. J'ai peur. Je me rencogne.

Je demeure inhibé, bloqué, paralysé.
Pendant un bon moment, je n'ose plus bouger.
Ça me vaut d'être tué, privé de mes tourments,
Pire, de me retrouver empaillé grossièrement
Sur le mur du salon d'un chasseur téméraire
Qui se prévaudra d'être un très bon gestionnaire !

Forêt de Floranges, Morbihan.