L'échasse blanche : Himanthopus himanthopus
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L'échasse blanche (Himanthopus himanthopus)


L'avocette se plaint de ses trop longues pattes.
J'y trouve un avantage et même ça m'épate
Qu'aussi peu d'oiseaux soient équipés de la sorte.
Ils pourraient voir de haut le monde des cloportes.

Quand je marche dans l'eau qui renvoie mon reflet,
Qu'une bestiole s'agite et trouble l'interface,
Pour la cueillir, d'abord, il me faut la viser.
Alors, lentement, j'avance vers la surface,
Pointe mon bec vers la proie tant convoitée ;
Á la même vitesse, s'approche son reflet
Et ma visée peaufine. C'est comme un télémètre.
Je frappe, chirurgical, sans dommage latéral.
Je cueille la diatomée dont le diamètre égale
Icelui de l'euglène, (un demi-millimètre !),
Aussi aisément que si c'était une limnée,
Un dytique, une sangsue ou bien une araignée.

J'aime bien Pen Mané, ses digues et ses étangs.
Il y a des roseaux, des herbes de la pampa
Qui viennent des jardins et qu'ont jeté les gens
Pour s'en débarrasser. Ces herbes se plaisent là,
Puisqu'elles s'y reproduisent et s'y sèment à tout va,
Formant des touradons et aussi des dégâts,
Invisibles, encore, pour qu'on les discrimine.
C'est comme le HIV quand il vous contamine.

Je vois sur Pen Mané, toutes sortes d'oiseaux,
Des petits et des gros, des gentils, des pas trop.
Certains passent l'hiver ou bien nichent en été.
Quelques autres font les deux et je suis de ceux-là.
Ce qui revient à dire que j'y suis à l'année…
Que j'y resterai si on ne m'embête pas.

Avant sur Pen Mané, trop souvent des chasseurs
Nous faisaient des tracas. Maintenant les marcheurs
Baladent leur ennui, leurs chiens ou leurs gamins,
Leurs jumelles à la main, le dimanche matin…

Ce sont ceux-là qui nous importunent le plus,
Surtout pendant qu'on niche.
____________________Ils font planer Malthus !

Pen Mané, Locmiquelic.