| L'avocette se plaint de ses trop longues pattes. J'y trouve un avantage et même ça m'épate Qu'aussi peu d'oiseaux soient équipés de la sorte. Ils pourraient voir de haut le monde des cloportes. Quand je marche dans l'eau qui renvoie mon reflet, Qu'une bestiole s'agite et trouble l'interface, Pour la cueillir, d'abord, il me faut la viser. Alors, lentement, j'avance vers la surface, Pointe mon bec vers la proie tant convoitée ; Á la même vitesse, s'approche son reflet Et ma visée peaufine. C'est comme un télémètre. Je frappe, chirurgical, sans dommage latéral. Je cueille la diatomée dont le diamètre égale Icelui de l'euglène, (un demi-millimètre !), Aussi aisément que si c'était une limnée, Un dytique, une sangsue ou bien une araignée. J'aime bien Pen Mané, ses digues et ses étangs. Il y a des roseaux, des herbes de la pampa Qui viennent des jardins et qu'ont jeté les gens Pour s'en débarrasser. Ces herbes se plaisent là, Puisqu'elles s'y reproduisent et s'y sèment à tout va, Formant des touradons et aussi des dégâts, Invisibles, encore, pour qu'on les discrimine. C'est comme le HIV quand il vous contamine. Je vois sur Pen Mané, toutes sortes d'oiseaux, Des petits et des gros, des gentils, des pas trop. Certains passent l'hiver ou bien nichent en été. Quelques autres font les deux et je suis de ceux-là. Ce qui revient à dire que j'y suis à l'année… Que j'y resterai si on ne m'embête pas. Avant sur Pen Mané, trop souvent des chasseurs Nous faisaient des tracas. Maintenant les marcheurs Baladent leur ennui, leurs chiens ou leurs gamins, Leurs jumelles à la main, le dimanche matin… Ce sont ceux-là qui nous importunent le plus, Surtout pendant qu'on niche. ____________________Ils font planer Malthus !
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