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Bien droit sur mes ergots



Depuis l'ombre, un vanneau, qui fut aussi ministre
Et que son éviction avait rendu sinistre,
Manœuvrait à ce qui serait toute son œuvre :

Le peuple des pâtures avale des couleuvres,
Des vertes et des pas mûres, et jamais il ne songe,
Que plus ils sont énormes, mieux passent les mensonges.
Enfin voici venue l'heure de ma vengeance.
Le peuple des pâtures n'est qu'une sale engeance,
Qui m'a mis à la rue, en y manifestant.
En élisant, Bélier, en le plébiscitant,
Le peuple des pâtures m'offre enfin la régence.
C'est le moins qu'il fallait à mon intelligence.
Bien droit sur mes ergots, je vais lui faire payer
Cher son ingratitude. J'invente l'UMP
(Ce qui veut dire Union des Moutons Panurgeant).
J'assume tous les pouvoirs et quant au président,
Qu'il s'insurge, je lui plonge la hure dans ses affaires
Avec un ortolan, je saurais le faire taire.
Virus et Ragondin, je les tiens par les burnes.
Piéride, je l'écrase d'un petit coup sur l'urne.
Des partis, à jamais, j'en écris le cothurne.
Et les bœufs, pour toujours, je les rends taciturnes.
S'il le faut, même le Loup, je l'embrasse sur la bouche
Et férie le jour de la très sainte Nitouche.
Puis j'entre dans l'Histoire à la place qui m'échoit.
Le peuple des pâtures n'aura pas d'autres choix.




L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (23 mai 2002)__________