Le doryphore : Leptinotarsa decemlineata
®
Le doryphore (Leptinotarsa decemlineata)



Votre père revint, un jour, désespéré,
Car dans le grand jardin, toutes ses pommes de terre,
Étaient couvertes des miennes, car à l'état larvaire,
Et bientôt se verraient, toutes les feuilles rongées.

Vous prîtes, pendant des heures, le soin de nous cueillir,
Nous glisser une à un, par le goulot de verre,
Dans une bouteille vide, pour qu'on se désespère,
En vain de s'échapper, sûrs de ne pas vieillir.

Vous eûtes, pendant des jours, par tous nos jus amers,
Les mains tachées, jaunies, que même, votre mère,
À force de savonnage, ne parvenait jamais
À rendre présentables pour venir déjeuner.

Les patates furent sauvées, sans l'aide du DDT.

Quant à nous, écœurés, nous prîmes la fille de l'air
Et quittâmes à jamais le champ de votre père.

Vos dix petits doigts nous auraient éradiqués.

Votre père compris, s'il voulait protéger
Ses tomates ou encore ses fanes de pommes de terre,
Qu'il fallait arracher, morelles et douces-amères,
Nous y vivions l'hiver, puisque Solanacées.
Votre mère cessa d'aimer les pétunias.

Et bien qu'il pétunât, votre père arracha
Les six pieds de tabac, qu'autorisait la loi…

Vous-mêmes cessâtes, un temps, de vous sucer les doigts. !

Jardin de la maison rouge, Villaines la Juhel.