Djihad
®

Djihad



Au pays des Gerboises et de la Transhumance,
On trouvait les Pâtures positivement rances :
« Il serait bon qu’enfin elles fassent des efforts
Et considèrent alors que la loi du plus fort
N’est jamais la meilleure et qu’elle aura un prix
Qu’il leur faudra payer, à jamais, de leur vie. »

À force de piller nos peuples de leur richesse,
De violer nos chamelles et même nos ânesses,
D’oublier d’éduquer nos enfaons à l’école
Ou pire de les soigner quand ils ont la rougeole,
De nous battre pour salaire sans espoir de mieux
Et nous tuer à la tâche pour qu’on ne vive pas vieux ;

À force d’imposer des présidents serviles,
Des armées de soudards aux mœurs inciviles,
Des colons fort puants et même des missionnaires
La main dans nos culottes, l’autre sur le bréviaire,
Interdisant qu’on prie comme les dromadaires
Nous battant comme plâtre s’ils nous voyaient le faire ;

À force de nous laisser ramasser leurs poubelles,
Balayer dans leurs squares, leurs cours et leurs ruelles,
Sans papiers, entassés dans quelque logement
Qui brûle quelquefois bien opportunément
Pour justifier ainsi qu’on nous chasse dans l’avion
Bâillonnés et ficelés comme des saucissons ;

À force, à force, à force, de souhaiter notre mort,
Ou quand le désespoir nous prive de ressort,
S’il arrive soudain qu’on nous tende la main,
Nous secoure, nous respecte, nous parle de demain
Qui sera différent si on en fait l’effort
De changer pour toujours, des forces, le rapport.

Aussitôt qu’on proteste, pas même qu’on se rebelle
Nous sommes catalogués de différents labels,
Comploteurs, terroristes, mais jamais résistants
Sauf si ça fait l'affaire de ceux qu’on nomme grands
Quand ils veulent abattre un régime ennemi
Au prétexte sacré de la démocratie…

Mais jamais au prétexte de piller le pays
Ou les pays voisins réduits à l’anomie
Afin qu’ils s’accommodent de bases militaires
Bien commodes pour la paix et préparer la guerre
Qui verra triompher la civilisation
Des Pâtures calotines ou pire, des Bisons.

Mais ceux-là sont puants et tout bouffi d’orgueil…
Ils tirent sur ce qui bouge afin qu’on les accueillent
Comme des libérateurs qui finissent toujours
Par bien nous bombarder comme preuve d’amour
Ou de nous kidnapper dans des prisons secrètes
Où nous sommes torturés, mais de façon discrète.

Cela fait, quoi qu’ils fassent, quels que soient leurs efforts,
Les peuples des Pâtures sont déjà presque morts.
Les Pandas, les Cobras, les Unaus, les Tapirs
Leur botteront le cul et ça les fera rire.
Et s’ils viennent chez nous, comme ils le font déjà,
Nous saurons leur ouvrir tout grands nos petits bras.
»


20 janvier 2013 / «® / ©»