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Pendant que des paons dansent, on est plumés...




Virus* était pressé. Il fallait réformer
L’aide à la dépendance. Tout avait trop tardé.
L’enjeu était de taille. Entre les solutions,
Une seule retenait toute son attention.
« Pas question de taxer le travail davantage
Dont le coût devra tendre, et là je m’y engage
Vers zéro et même moins, car ainsi Chlordéconne**
Cessera de penser que je la tiens pour conne…
Pas question d’augmenter les déficits publics
Car rien que d’y penser, ça me fout plein de tics
À l’idée qu’il faudrait qu’alors je me résoude…
Résolve si vous voulez, que je mette sous le coude :
Les cadeaux aux patrons, mon bouclier fiscal,
Les exonérations à la fraude sociale…
Ces choses qui garantissent que je sois réélu,
Que pour cinq ans encore, vous l’ayez dans le cul.
Or donc, il le faut bien, c’est même impératif
Et sans couper les mouches ou enculer les tifs
La solution qu’il faut, c’est le volontariat…
Là, deux idées me viennent, bien qu’on me les soufflât :
La première serait que, partout sur les Pâtures
Les moutons et les bœufs, qui aiment, j’en suis sûr,
Leurs vieux parents mourants, travaillent gratuitement
Pendant les jours fériés et trente dimanches par an.
La seconde, va de pair, impose qu’ils souscrivent
Une assurance ruineuse qu’ils paieront tant qu’ils vivent
Qui leur assurera le minimum vieillesse,
Puis, alors, pour les soins qui coûtent la peau des fesses,
On saura faire main basse sur leurs maigres héritages
Évitant, par là même, les conflits du partage.
Entre nous, je le dis, mais le répétez pas,
Je vide de sa substance, elle n’y survivra pas,
L’assurance sociale. Finie la résistance
Et les acquis sociaux… C’est l’ultime jouissance. »

Un mouton vieux déjà et que guettait la mort :
« Virus est comme la mouche Tsé-Tsé, il nous endort.
Je comprends mieux pourquoi, barbons et députés
N’ont pas voté la loi sur la mort assistée,
C’est pour qu’on agonise longtemps en dépendance
C’est pour mieux nous piller et se goinfrer la panse.
Je le dis, le ferai et c’est irrévocable
Je me tuerai avant d’avoir pété mes câbles
Dussé-je de me jeter du haut d’une falaise
Puisque l’on me refuse de m’endormir benaise
Avec une piqûre et entouré des miens
Pas question que mes biens soient volés par ces chiens.
»


15 février 2011 / «® / ©»




* Virus est le président des Pâtures.
** Chlordéconne est la patronne des patrons des Pâtures.