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Dégage !




Virus* ferait, c’est sûr, un cadavre plaisant.
Dommage qu’il faille attendre, peut-être encore longtemps…
Partout sur les Pâtures, les moutons et les bœufs,
En appelaient au sort qu’il exauce leur vœu.
Mais par-delà Virus, qu’il faut qu’il disparaisse
De la vie politique afin qu’elle ne régresse,
Il faudrait qu’on en fît autant des profiteurs,
Des goinfres, des ploutocrates, des prévaricateurs.
Qu’on fasse en sorte que leur nombre diminue
Au point qu’on ne sache plus qu’ils aient jamais vécu.

Ce serait le moyen pour espérer, peut-être,
Que nos institutions, qu’il conviendrait de mettre
À plat, pour qu’elles ne soient plus jamais confisquées,
Détournées, dévoyées, finalement prédatées,
Par la caste au pouvoir et quelques oligarches,
Qui imposent aux peuples la loi du crève ou marche,
Le culte du pognon, de la ruée sur les soldes…
Mais redonner du sens aux luttes, à la révolte
Afin que la justice, la solidarité
Soient enfin des valeurs dans notre société.

Puis redonner des forces au combat politique
Pour d’abord promouvoir la morale et l’éthique,
Le respect de chacun, la cohésion de tous,
Les choix communautaires ou la vie en cambrousse,
Les croyances, les rites, les tendances libertaires,
Le droit à la parole ou le choix de se taire,
Refuser les sondages qui feraient l’opinion
Condamner sans détour la désinformation,
La contrainte par la peur, sinon par la violence
Qui mènent à l’anomie, réduisent à l’impuissance.

Au point de préférer le suicide et la mort,
Le stress et la folie, ou pire, virer de bord
Écouter les sirènes de Bernique** et consorts
Ou croire en les arnaques de ces nouveaux mentors
Qui œuvrent en sous-main pour la gloire des riches
Qui promettent en retour un tout petit bakhchich
Mais à la condition qu’ils fassent pour le mieux
Pour que les pauvres croient qu’ils sont leurs nouveaux dieux,
Tout puissants, infaillibles, auréolés de gloire,
Décidant de qui vit ou meure de désespoir.

Il faudrait qu’ils dégagent, qu’ils se cassent ou qu’ils crèvent.
Mais ils ne le feront pas même dans nos rêves.
Ils ont trop bien détruit la cohésion sociale
Et trop bien affaibli l’unité syndicale
Pour espérer jamais réunir sur les prés,
Les troupeaux prêts à tout pour enfin les virer.
Ils sauront bien aussi lâcher leurs bouledogues
Ou nous exterminer à l’aide d’un Magog,
Ceinturé d’explosif, sûr de sa bonne foi,
Croyant qu’il va mourir en faisant le bon choix.

Ils sauront, s’il le faut, fomenter une guerre
Ou bien tuer Blanchon***, comme ils le firent naguère,
Assassinant celui qui fut à l’origine
Du parti pour les bœufs qui travaillent à l’usine.
Car ils savent y faire pour fabriquer des crises
Dans les banques renflouées et cela, ô surprise,
Par l’argent de ceux qu’ils avaient déjà volés
Du salaire du travail juste récompensé.
Les années de rigueur et la faim dans le monde
Amuseront sans fin ces prédateurs immondes.

La solution n’est plus seulement politique.
Cessons de nous gratter et arrachons la tique
Qui nous suce les sangs depuis bien trop longtemps.
Nous savons les coupables, pas besoin de jugement.
Ô, qu’on s’en débarrasse, s’il le faut violemment.
Il sera toujours temps de prévoir que le temps
Est bien plus agréable après les longues pluies
Quand on secoue ses poils au fond de son ressui.
Il sera toujours temps de bien légiférer…
Commençons donc d’abord à les éradiquer.

9 février 2011 / «® / ©»




* Virus est l'actuel président des Pâtures.
** Bernique succède au Loup son père à la tête de son parti d'extrême droite : la Guilde pastorale.
*** Blanchon est le co-Président du parti Sénestre lequel présente la particularité de tourner en sens inverse des aiguilles des montres et de remonter le temps.