| Je survole les eaux turbides du Blavet. Mes poils abdominaux accrochent les photons Qui rentrent dans un tube où ils sont amplifiés. Je ne sais pas vraiment comment vous l'appelez, Cet engin qui vous sert, quand la nuit est tombée, Pour observer les bêtes ou les fées d'Oberon. Je décris de grands cercles et rase de près les saules Sur les branches desquels des poules d'eau reposent. Des colverts nagent sur le croissant de la lune Qui, vaguement, ondule. La reine des prés parfume Les airs qui s'enveloppent de brumes qui se posent Sur des fils d'araignées qui descendent des aulnes. Je vole en rase-vagues en effleurant les ondes Pour cueillir des phalènes ou bien des fourmilions, De fugaces éphémères à peine venus au monde, Des chrysopes gazées ou de mouches scorpions. Il m'arrive même aussi de boire, de me baigner. Puis, je vais me suspendre, pour pouvoir me sécher. Au milieu de la nuit, brusquement, je m'éclipse. Il me faut allaiter mon petit, qu'il grandisse. Il est parmi des jeunes par multiple de dix Dans une colonie, vivants comme Sybaris, Tous très bien cachés dans des trous qu'ils remplissent Dans le béton pourri d'une vieille bâtisse Qui servait pour extraire des galets de silice D'une gravière emplie maintenant d'immondices. Il vous faudra attendre de l'aurore, les prémices, Pour me voir à nouveau, car au jour, je me trisse Et m'endort au tombeau pareil à Sésostris. Il vous reste les rats, dans l'eau, qui nagent et glissent…
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