Le cygne tuberculé : Cygnus olor
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Le cygne tuberculé (Cygnus olor)



Aux dernières élections pour le roi des oiseaux
Où je me présentai, sans succès, je dois dire,
Puisqu'on me préféra, à la fin, le corbeau
Qui a des qualités…(C'est ce que j'ai ouï-dire),
J'entendis les propos que tenaient les passereaux...

Sur moi, des idées fausses qui provoquent mon ire.

Cela fait trop longtemps que Grimm ou bien Perrault,
Ne sachant rien de moi, n'ont rien fait qu'à médire.

Les cygnes seraient muets… Patati, ne chantent pas !

C'est bien mal me connaître, car je trompette aussi,
Jamais pendant mon vol assez bruyant comme ça,
Quand mes battements d'ailes m'enveloppent du bruit
De l'air quand mes plumes sifflent avec fracas…
Mais auprès de mon nid, quand un mâle ennemi
S'approche un peu trop près, nageant cahin-caha
En cherchant la bagarre qui s'achève quand il fuit.

Patata, mes poussins… Parce qu'ils seraient gris,
Seraient vilains canards pendant un an et demi !

Il faut que vous sachiez qu'il arrive parfois
Qu'en naissant, ils soient blancs avec les pattes roses.
La raison ? Comment dire ? C'est qu'ils sont albinos.
Ils sont plus blancs que blancs, le resteront, ma foi,
Pendant toute leur vie jusqu'au jour de leur mort
Et transmettront ce gène seulement s'ils sont forts.

Car nous sommes agressifs pendant qu'on fait la noce.
Approchez donc mes œufs, je vous casse les os,
D'un seul coup de mon aile ou bien d'un coup de bec.
Je vous pince les fesses pour qu'à toute vitesse,
Vous quittiez nos roseaux et retourniez au sec.
Puis, je paraderai comme le fait notre espèce,
Les ailes relevées et le cou sinueux,
Le bec vers le bas pour avoir l'air hargneux.

Parc de Kerbihan, Hennebont.