La couleuvre vipérine : Natrix maura
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La couleuvre vipérine (Natrix maura)



Vous étiez, je suppose, assez localisé.

Je ne vous rencontrai qu'en glissant prudemment,
Sur les rives de la Sarthe, encombrées de galets
Ou dans ses eaux rapides, quelquefois en nageant.

L'histoire racontait qu'un ermite solitaire
Avait combattu là, un démon de l'enfer,
Lequel, quand il fallut s'envoler dans les airs,
Avait gravé l'empreinte de son pied dans la pierre.

Et bien qu'étant serpent, j'ignorai ce démon.

J'aurai peut-être aimé l'avoir pour compagnon,
Car les pêcheurs de truite me tuaient et fiers d'eux,
Éradiquait l'aspic qui fréquentait ces lieux !

Je suis inoffensive pour l'homme, cela s'entend.

Les vipères, que je sache, ne fréquentent pas les eaux.

Les hommes bien souvent sont de sombres idiots
Qui tuent tout, tout de suite et sans perdre de temps.
Ils ne comprennent rien même quand on leur explique
Et le rôle que je joue, que jamais je ne pique…

Vous étiez en colère quand l'une de nous mourait
Sous les coups d'un pêcheur sous le coup de la peur.

Mais vous étiez gamin… et pas un n'écoutait.

L'un d'eux, plus imbécile, rentra chez lui à pied
Sans son vélo planqué au milieu d'un hallier…

Il le cherche, sans doute, et toujours à cette heure !

Saint Léonard des Bois, Sarthe.