| La Sorex galèje : la plus secrète, c'est moi. Car bien qu'étant commune, je ne me montre pas Dans le lacis des plantes, qui émergent des eaux Dans lesquelles je plonge avec tout mon manteau Argenté et brillant de bulles emprisonnées… Sans bouteille, ni palmes, je le fais en apnée. Car à l'instar du cincle, je pêche sur les fonds Des insectes aquatiques pour lesquels je fonds. Quand je reviens au sec pour manger un gammare, Une larve éphémère ou bien un portefaix, Alors vous pourrez voir mon plastron argenté Sous mon manteau taupé et pratiquement noir ; Ardoise conviendrait comme celles qui tapissent Le fond de mon ruisseau sur lequel l'eau glisse En féerie de bulles d'oxygène prisonnier, Évitant aux truites de par trop s'ennuyer. Je niche dans un nid dans un trou sous la berge. Mais son entrée secrète s'ouvre sous la surface. Elle conduit à la chambre qui, mes enfants, héberge Dans une boule moussue. Quand la faim les agace, Vous pourrez les entendre et leurs cris ultrasons Qui énervent les chiens, les putois, les visons Qui grattent sans succès, puis feront volte-face Et s'en iront vexés d'avoir perdu la face.
|