| J'habite dans la friche qui borde vos jardins. J'y vivrais heureux, car je n'y manque de rien, Si vous n'y éleviez ces grosses araignées Jaunes et noires, des argiopes, qui font une bouchée Des insectes acridiens vacants à leurs affaires, Les criquets, les sauterelles ou les éphippigères. Au point que, maintenant, nous n'osons plus sauter ! Quelques-uns parmi nous, enviant la courtilière, Ont loué au grillon, un petit pied sous terre. Mais survivre au tombeau nous prive de rosée ! Il faut faire quelque chose… Auriez-vous une idée ? Il ne manque pas des nôtres qui veulent une assemblée Où chacun, à son tour, dirait proposition De ce qu'il faudrait faire pour notre protection. J'ai quelque souvenir d'une fable où les rats Voulurent mettre un grelot autour du cou du chat Qui leur faisait la guerre. Ils se mirent vite d'accord, Quand il faudrait l'y pendre, alors, de faire le mort ! Les rats ou les criquets ne font jamais l'ENA Que l'on quitte diplômé et prodigue en conseils, Surtout sur la manière de palper de l'oseille. La morale de cette fable s'applique à ces gens-là Qui, quand pour endiguer la pollution de l'air, Augmentent les carburants, les jours pairs et impairs ! Il en va bien souvent des problèmes récurrents Qui prennent de l'ampleur, dépasse l'entendement. Quand on s'en aperçoit, il est déjà trop tard… Les solutions choisies, bien souvent illusoires : Faire le choix du néant ou bien de l'impuissance, Obligatoirement, refaire le plein d'essence ! Il en ira de même, jusqu'à la nuit des temps Pour les rats, les criquets ou bien les araignées. La nature est prodigue en signes de toutes sortes Qui sont conseils gratuits ou avertissements, Des grelots qui s'agitent, que vous n'entendez, mais… Quand vous criez au loup… La bête est déjà morte !
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