| Ce que j'aime surtout, c'est jouer avec l'écho, Quand rebondit mon cri dans toute l'atmosphère, Sur les hautes falaises des côtes du Finistère Ou celles des alpages, en montagne, tout en haut. Je mange des insectes que je trouve par terre, Dans les bouses des vaches ou au-dessous des pierres. Pour cela, je prospecte à pas bien mesurés, Les landes maritimes, les causses ou bien les prés. Si rien ne me dérange, dès que j'ai bien mangé, Je reste bien tranquille, car j'aime regarder Les espaces infinis qui s'ouvrent à mes yeux Et penser aux voltiges que je ferai par jeu. Incontestablement, je maîtrise les cieux. Je suis, sans forfanterie, parmi tous les oiseaux, Sauf peut-être le chocard ou bien le grand corbeau Qui vole sur le dos, celui qui vole le mieux. J'aime bien, par exemple, du plus haut que je peux, Piquer, les ailes fermées, tomber comme une pierre. Avant de m'écraser, je freine un petit peu Et me pose sur la terre, aussi léger que l'air. Je mange des insectes et des coléoptères, Des larves de tipules et des lépidoptères. J'en remplis mon gosier et vais régurgiter Cette boule nutritive à mes trois nouveau-nés Qui attendent dans la grotte où j'ai construit mon nid, De branchettes bien sèches, de laines et de crins Que m'offrent volontiers les chevaux, les ovins Dont les fientes nourrissent ceux dont je me nourris. Voilà, vous savez tout et vous avez compris La nature, ses secrets, même l'écologie, Les chaînes alimentaires, les transferts d'énergie. Quand vous serez savant, venez me dire merci.
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