Le coucou gris : Cuculus canorus
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Le coucou gris (Cuculus canorus)


Vraiment, je suis l'oiseau qui annonce le printemps.
C'est d'ailleurs pour cela que je suis populaire.

Pourtant peu d'hommes me voient. Je ne me montre guère.
Que je chante, aussitôt les gens comptent l'argent
Qu'ils auraient dans leur poche dans l'espoir d'être riche.
J'ai du mal à comprendre cette passion pour l'artiche.

Je ne me montre pas, mais je sonne les heures.
Et dans le Jura, on ne m'y reprendra pas,
Même si c'est un peu tard, d'accepter un contrat
Qui me lie, bec et pattes, avec des horlogeurs
Qui m'enferment des heures, dans une boîte qui tictaque,
Et m'en libère à l'heure pour un temps bien trop court.
Il arrive parfois que chez certains maniaques,
Je reste prisonnier pendant que le temps court.
Pour la raison bien simple qu'ils n'ont pas remonté
Le ressort en acier qui reste détendu.

L'occasion m'est donnée enfin de préciser
Les raisons pour lesquelles l'œuf rond que j'ai pondu,
J'en confie tous les soins aux tout petits oiseaux.

Comment voudriez-vous que j'agrémente l'air
De mon chant monotone que je démarre très tôt
Et poursuis jusqu'à tard dans la lumière solaire ?

Où voudriez-vous donc que je trouve du temps ?
Mes parties de cache-cache avec les troglodytes,
Me mangent tout le temps, me bouffent l'énergétique.
Où voudriez-vous donc que je trouve le temps
Á jouer à nous poursuivre comme les éperviers ?
Faudrait-il qu'au jeu, il nous faille sacrifier
Tout le temps nécessaire à élever des enfants ?

Je ferai remarquer que peu d'oiseaux se plaignent
D'élever notre enfant. Je crois même qu'ils sont fiers
D'un aussi gros bébé. Un jour, une musaraigne
Que j'aurais pu gober, me montra quelques hères
En jurant, Croix-de-Fer, les avoir allaités.
Croyez-vous qu'elle m'ait dit toute la vérité ?

Maintenant, excusez, je viens de repérer
Un oiseau qui va pondre… je vais parasiter.

Guigo Ihuel, Kerpotence, toujours à partir du 2 avril !