Le cormoran huppé : Phalacrocorax aristotelis
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Le cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis)



J'aime assez les rochers battus par les embruns
D'où j'observe la houle, ses moments incertains
Qui se résolvent en vagues. (Ce qui paraît normal !)
Les vagues sont indécises avant le choc fatal
Qui les brise à jamais comme blessure à l'âme,
Qu'elles soient simple clapot ou gigantesque lame.

J'aime survoler la mer, au ras, entre les creux,
D'un vol décidé qui m'emmènera tout droit
Où je décide d'aller ou encore où je veux
Ou bien faire demi-tour et m'arrêter pêcher
Des gobies pleins d'arêtes, des prêtres ou bien des sprats,
Que rien n'arrêterait, sauf moi, de pulluler.

Quand le printemps arrive, je me coiffe, à la mode,
D'une touffe de plumes qui font une houppette
Plantée un peu avant sur le haut de la tête.
Je ressemble à Tintin. Je trouve ça commode.
Il nous faut au moins ça pour séduire nos belles.
Pour dire la vérité, ce serait plutôt elles
Qui font leur cinéma, pour qu'enfin on les chausse,
En ouvrant grand leur bec, excitant notre éros.
On ne résiste pas à leur gorge orangée
Qui nous rappelle le temps quand on était bébé.

Après c'est du classique et même du bien connu.
On s'installe au plus bas au pied d'une falaise
Ou bien un peu plus haut pour y trouver nos aises.
Alors dans un nid d'algues, trois-quatre œufs sont pondus.
Une lune plus tard, nos petits voient le jour.
Il faudra les nourrir au moins cinquante jours
Et accepter qu'ils mettent leur tête jusqu'au cou
Au fond de nos gosiers. Ça fait qu'on vomit tout,
Les poissons, les écailles, les tripes et les arêtes…
Nos petits sont pansards et rien ne les arrête.

Maintenant il est temps que j'aille m'entraîner
Pour battre mon record de plongée en apnée.

Tas de Pois, Crozon.