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Du corps enseignant au Coran saigné...




Il arrive qu’aux Pâtures se produisent des drames
Qui laissent toutes les bêtes entre colère et larmes,
Quand l’incompréhension dispute à l’émotion
Et vide les cervelles jusqu’à la commotion.
Alors quand il arrive que les neurones repartent,
Chacun dit son avis et personne n’écarte
Aucune des hypothèses, même la plus improbable.
Pour la raison que bien des bêtes sont capables
Du pire machiavélisme pour obtenir un gain,
En faisant attention que le sang sur les mains
Soit sur celles d’un coupable qu’il faudra bien faire taire
Afin qu’il ne dénonce pas ses commanditaires.

Mais la question qui hante et trouble les esprits
Est celle de savoir comment s’y est-on pris
Pour convaincre un agneau, qu’il devienne cruel ?
Fût-ce au prix du salut qu’il aurait dans le ciel !
Comment s’y est-on pris pour l’amener à tuer
Des agneaux bien trop jeunes, sachant à peine bêler,
Qui tremblaient sur leurs pattes quand ils voulaient courir
Et qu’un grand méchant coup les fit trop tôt mourir ?
Comment s’y est-on pris pour qu’il singe le loup ?
De la fable seulement, pas de l’autre qui est fou !
Pour l’amener à croire, parce qu’il est le plus fort
Qu’on trouble un peu son eau mériterait la mort.

Quelle dégénérescence était donc programmée
Dans ce cerveau fragile et qui s’est fourvoyé ?
Les Pâtures sont malades depuis tellement longtemps
Qu’elles engendrent des troubles chez trop de ses enfants.
Et qu’il advienne en plus qu’ils sentent qu’on les rejette
Au prétexte qu’ils n’auraient pas le pelage bien net,
Qu’ils ne peuvent pas prétendre au gazon que l’on broute,
Que s’ils veulent cheminer, ça n’est pas sur la route,
Seulement à côté, dans les ronces qui déchirent…
Alors, il est probable, à bien y réfléchir,
Quand l’injustice conduit au profond désespoir
Que certains ne veuillent plus de la pièce dans le crachoir.

23 mars 2012 / «® / ©»