Lorsque Sarkozy propose que le 11 novembre commémore tous les morts pour la France, je suis bien obligé de me demander : Quelle France ?
Ne faudrait-il pas, pour commencer, que ce gugusse commence par œuvrer pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple ? Morts pour la France de la droite extrême, déjà incarnée par Pétain, lequel saura vingt-deux ans plus tard, lui donner ses lettres de
noblesse bassesse !
Morts pour la France, les collabos… Parce qu’ils avaient perdu face aux terroristes ? Qu’en serait-il si Laval, Hitler et quelques autres avaient gagné la guerre ? Honorerions-nous encore les résistants ?
Morts pour la France, les gens de l’OAS…
Morts pour la France, les algériens, les sénégalais, y compris quand la soldatesque souchienne les eût massacrés dans les camps dès lors qu’ils avaient l’audace d’y manifester ?
Morts pour la France, les mercenaires grassement payés au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Afghanistan ou les assassins en Libye ?
Morts pour la France, les gendarmes à Ouvéa ?
Morts pour la France, Yeiwéné Yeiwéné, Jean-Marie Tjibaou ?
Morts pour la France, les accidentés du travail, y compris les pompiers et parfois les flics ?
Morts pour la France, les travailleurs immigrés noyés dans la Seine ou d'une balle dans la tête ?
Morts pour la France : nous tous quand cela viendra et tous ceux qui nous ont précédé ?
Si la France ne sait honorer que ses soldats, alors qu’elle est seule responsable des guerres qu’elle déclenche, alors cette France-là ne mérite pas que l’on soit patriote. Il n’y a que la France qui voudra la paix et l’amitié entre les peuples qui vaudra que l’on croie en sa grandeur. Aujourd’hui Sarkozy nous entraîne dans un autre chemin, quand, par exemple, au nom de la dette dont il est seul responsable, il nous incite à détester les grecs, les italiens, les allemands, les irlandais, les slovaques, les suisses, les maghrébins, les nègres, les chinois, les socialistes, les écolos, les RMistes, les pauvres, les assistés, les handicapés, les inaptes, les accidentés, les malades, les fous, les jeunes, les SDF, les sans-papiers, les autres, tous les autres…
Il finira bien à ce que l’on déteste les morts pour la France !