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Ragondin, sur le front, coupait l'aile aux faucons : Les oiseaux migrateurs, qu'ils crèvent, je m'en cogne, Les livre sans vergogne au peuple des chasseurs Qui votera utile et nous serons élus. Et quand les volatiles auront tous disparu, Les chasseurs, s'il en reste, iront tous à la pêche. Il faut qu'on les empêche de nous mettre une veste Aux prochaines élections. La cohabitation, Il nous faut l'éviter pour enfin prospérer. Donnons à Makháôn, pour ses consultations, Les roupies qu'il réclame, pourvu qu'on nous acclame. Laissons les pélicans, pêcher plus que raison. Tans pis si les poissons, les coques, les crustacés, Finissent exterminés. À nous les ovations. Soignons les chiens de guerre pour quand viendra le temps Qu'ils gardent nos ministères de tous les quolibets Ou bien des jets de pierre, Qu'on les garde longtemps Pour y faire nos affaires. Soutenons les patrons Pour qu'ils fassent du beurre. Aidons les compressions. À bas les trente-cinq heures responsables de la crise Qui frappe de plein fouet l'industrie des poulets. Et remportons la mise. Le salaire minimum, Une idée à la gomme, pourquoi donc l'augmenter ? Les bœufs sont divisés et mal remis encore D'avoir voté Bélier. On va les mettre à mort Pour une éternité et les laisser croupir. Je vois bien notre avenir dans le marc de café. L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (5 juin 2002)__________
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