Combat des lys.
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Combat des lys.



On dit parfois des ânes qu’ils donnent des coups de pied,
En prenant par traîtrise et laissent estropiés,
Ceux qui les réceptionnent, et d’autres, au-delà,
Qui apprennent alors, sur ces animaux-là,
Qu’il vaut mieux s’en méfier, même quand ils ont bon air,
Qu’ils tiennent des propos destinés à déplaire.

Un quelconque député adulâtrant Scorpion*
Écrivit une lettre pour fustiger Blanchon**,
L’accusant, tout en vrac, de ne rien trouver grâce
À la moindre réforme qu’il votait pour qu’elle passe
Avec ses camarades, godillots et soumis
Aux riches pour qu'ils soient davantage enrichis.

Il osait se vanter de grandes réformettes,
Comme d’avoir augmenté le SMIC d’une cacahouette,
Pendant les mois sans R qui tombent en hiver,
D’un cahier de brouillon pour la rentrée scolaire,
La dose d’aspirine pour les pauvres malades
Pas assez riche pour un jambon purée salade.

C’était vite oublier le traité assassin
Installant la rigueur, pour des temps, jusqu’en fin…
C’était vite oublier les diktats du Médif
Installant l’esclavage ou du pareil au kif…
C’était vite oublier les promesses, juré,
Que l’on oublierait vite, à peine déclarées…

C’était vite oublier la guerre aux dromadaires…
C’était vite oublier tous les vols charters,
Avec des expulsés plus nombreux que jamais…
C’était vite oublier les usines fermées,
Le chômage aggravé et les banquiers choyés,
Les évasions fiscales ou tous les mal-logés…

S’attaquer à Blanchon était assez facile
Puisqu’il était le seul parmi les indociles
À pouvoir s’adresser au travers du bocal
À Scorpion, ses nervis, ses sbires et ses rascals,
À la seule condition d’avoir en face de lui
Les meilleurs bocalistes de garde au chenil.

Car les bêtes modestes qui vivaient aux Pâtures
Et qui se rendaient compte que ces belles pourritures
Les baisaient, bien profond, n’avaient pas la parole
Et quand elle la prenait, ça n’était jamais drôle
Bien longtemps, car bien vite, les pitbulls les chargeaient,
Les gazaient, matraquaient, en prison, les jetaient.

C’était bien l’arrogance des scorpiosocialistes…
Fermez-la ! Car c’est nous qui sommes sur la piste…
Et courbez bas la tête sous les fourches caudines !
Laissez-nous profiter de toutes les rapines
Que nous pourrons commettre pendant les cinq années
Pour lesquelles nous avons la légitimité.

Qu’on s’attaque Blanchon devenait notre affaire.
Nous étions des millions obligés de nous taire,
Qui, tous, partagions la même vision politique
De l’action de Scorpion, outrageante et inique…
Et qu’un députaillion veuille nous faire la leçon
Valait qu’il ait peur et fasse dans son caleçon.

Blanchon saura, sans doute, répondre à l’importun…
Peut-être le fera-t-il en associant chacun
Dont il est la parole et dont on pense qu’elle est
Infantile, immature, sinon billevesée
Quand on croit qu’aux affaires où les peuples les placent
Les élus arrogants n’ont plus assez d’espace

Pour insinuer, sans cesse, à propos de la plèbe
Que sa place est en bas, juste à briser la glèbe,
À ne pas se poser de questions sur la forme
Le fond, le contenu, la portée des réformes
Qu’elle ne comprend jamais et toujours les refuse…
Maintenant sur le Net, elle en fait même un buzz.




26 janvier 2013 / «® / ©»



*Scorpion ne vaut qu'un coup de talon

**Blanchon est un des porte-parole du parti Senestre