| Je répugne à le dire. Mais ça me fait du bien. Voyez ! On n'est jamais trahi que par les siens, Par nos femmes et nos filles qu'on attache le soir, Sur des petits étangs ou au bord de la mer ; Qu'on les fait crier quand on passe sans les voir Pour que l'on aquarisse… J'ai du vocabulaire ! À peine l'a-t-on fait qu'on se fait canarder Depuis des meurtrières dans des gabions enfouis Où se cachent des sportifs qui parlent d'écologie. C'est au nom de celle-ci, d'ailleurs, qu'ils défilent Pour qu'on les autorise à tirer au fusil, Les oiseaux migrateurs qui retournent nicher. Ils seront les premiers à dire que le gibier Se fait toujours plus rare. Ne cessent de rabâcher Que c'est une raison pour enfin justifier Qu'on permette la chasse pendant quatre saisons, Sinon, promettent-ils, c'est la révolution ! Mais que voulez-vous dire ? Il faudra bien mourir ! Mais ça m'incite ainsi à voler dans les airs Aussi vite que je peux, au-dessus de la terre, Afin qu'elle se réchauffe, parce que l'effet de serre Tarde à faire remonter le niveau de la mer Assez pour ennoyer toutes leurs casemates Depuis Knokke le Zoute aux rives de l'Euphrate ; Nous offrir enfin de vastes zones humides Où nous courtiserons toutes les Néréides.
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