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De la confusion entre sondage et cœlioscopie…




« Boute-en-train*, c'est l'espoir, l’avenir des Pâtures…
Virus sera battu et à plate couture !
»
Clamaient tous les poissons qui bullaient au bocal,
Les journaux, les sondages, le torche-cul local…

- « De gauche, évidemment ou du parti du Bœuf ? »
Demanda un quidam - « Ou est-ce qu’on nous bluffe ? »

Que nenni, mon ânon : du parti des Moutons
Unis pour les Pâtures, godillant tous à fond
Pour Virus** et sa clique, et de leur moindre pet
En feraient à la Une, un numéro complet :
Les journaux des patrons des usines pour avions
Qui ne se vendent guère, des ouvrages en béton,
Des armes meurtrières, des huiles alimentaires
Sans oublier, bien sûr, tous leurs hebdomadaires.

Pas de jour qui ne passe qu’ils ne fassent référence
À Boute-en-train qui doit assurer l’alternance,
Au pays des Pâtures, pour en finir avec
Les grèves et les conflits, tous les salamalecs
Des syndicats de profs, de juges ou d’infirmières,
D’ouvriers, de chômeurs ou bien d’intérimaires…
Car la rigueur, enfin, installée aux Pâtures,
Fera taire à jamais ce ramas de raclures.

Ce ne pas ce qu’ils disent, tout à fait, mot-à-mot…
Mais ils le laissent entendre, au moins à demi-mot,
Et ils ont bien raison et ont de la mémoire :
Boute-en-train a laissé des traces sur l’histoire…

Boute-en-train qui fut donc ministre des Dépenses,
Obtint qu’on privatise les banques et la finance,
Le crédit, le foncier et la caisse d’épargne…
Contrant ses opposants de son ire et sa hargne.

Le secteur financier fut vite privatisé…
Les États seraient donc obligés d’emprunter
Aux seules banques privées dont les taux d’intérêt
Auraient tôt fait qu’ils soient gravement endettés.

Boute-en-train obtint que l’on privatise aussi
La fabrique des avions, des puces et des circuits,
Le transport aérien, le Net, le téléphone
Ou que l’on signe le traité de Garcelone
Ce qui autoriserait, de s’en prendre au courant,
Au gaz et à la flotte. Fi des engagements !
Les patrons auraient tous, des tas de stock options…
À bas le mutualisme, vivent les fonds de pension !
Cooptons nos amis à la tête des instances
Du commerce, de la banque, de la haute finance
Et préparons la crise afin que la rigueur
Soit le mode de pensée qui fasse le malheur
Des pauvres sans défense ou sans rien à manger,
Qu’on aura endetté et qui devront banquer,
Travailler plus longtemps pour un moindre salaire.
Supprimons à la fin les coûteux fonctionnaires
Qui osèrent voter non à la constitution
Pour l’euromembrement et la dégradation
De toute la société, des conditions de travail
De l’école, la santé, la justice qu’on détaille
Au privé pour du pèze et ça nous rend benaise
Que l’on aie comme avant nos entrées au diocèse
Ou à la synagogue pour la gloire des Vautours
Pour lesquels je complote et conspire tous les jours.

Virus applaudissait devant les fourberies
Dont faisait preuve celui qu’il mit au FMI.
« Moi, j’ai bien fait mon temps et j’ai beaucoup détruit
De cette société pour en jouir des fruits.
Peu importe maintenant qu’il vote comme il l’entend,
Le peuple des Pâtures saura et pour longtemps
La raison qui prévaut pour qu’il souffre et qu’il meure
Puisque de notre gloire, ce sera bientôt l’heure.
»

21 février 2011 / «® / ©»




* Boute-en-train est le président du FMI (Foutre, Manichéisme, Idiosyncrasie).
** Virus est en coma dépassé dans les sondages. Les Pâtures espèrent une panne de courant...