Le bécasseau cocorli : Calidris ferruginea
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Le bécasseau cocorli (Calidris ferruginea)


Non, vous ne rêvez pas. et profitez en bien,
Bientôt je serai loin, ne me reverrez pas.

Je suis là pour trois jours sur la plage de Santec,
En face de l'île de Sieck. Puis, je pars sans retour.

Non, vous ne rêvez pas, je ne suis pas maubèche.
Mon bec n'est pas si droit et regardez les mèches
Qui bordent encore mes plumes. On dirait de l'écume.

Je suis bien cocorli. C'est pourquoi j'ai choisi
Le haut de cette plage où courent les eaux sages
D'un tout petit ruisseau, qui, tout à coup, se perd
Dans des sables pervers, qui se ferment comme lasso
Et menacent d'engloutir : vos chaussures de cuir,
Vos genoux et vos cuisses et ne laissent visible
Qu'une main, c'est horrible, juste assez pour qu'on puisse
Vous retrouver, peut-être, à l'état de squelette,
Si, du moins, on s'inquiète que vous pûtes disparaître.

Des bécasseaux minutes papillonnent sur le sable.
Ils courent après des mouches. Il y en a des couches.
L'eau qui coule nous accable d'une odeur Belzébuth.
L'air brûlant d'une fin d'août, sent la merde mélangée
Á l'odeur d'un ragoût qu'on aurait oublié.

Il faudra bien, qu'un jour, le mot épuration
Soit dans le dictionnaire. Dans mes aires glaciaires,
C'est le mot pollution qui n'a pas vu le jour.

Mais, pour combien de temps ? Les restes nucléaires,
Plutonium expansé, suprêmes de soviets,
Sont semés comme des miettes, par des petits Poucets
En habits militaires, qui croient défier le temps.

Si le temps les rattrape, alors, tous ces satrapes
Finiront dans le mur de Berlin, en voiture,
En tank ou bien en SAM ; boiront de la vodka
Á ta santé Saddam ; péteront la planète ;
Ou bien de la mafia s'en feront les poètes.

Plage du Dossen, Santec, Finistère.