Cochon qui, sans dés, dit
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Cochon qui, sans dés, dit

Au pays des Pâtures, les cochons, dans leur soue,
Vautrés à ne rien faire, dans la terre et la boue
Parlaient fort peu aux bêtes qui meuglent ou bien qui bêlent
Évitant qu’elles leur disent : « Mais de quoi ils se mêlent ? »
Un jour, pourtant, un porc, s’adressant alentour
Fit entendre qu’il tiendrait, très bientôt, un discours…
L’affaire était si rare qu’elle fut vite ébruitée.
Du plus loin des Pâtures, les bêtes accouraient
Par centaines, par milliers, pour arriver au porc,
L’écouter, au plus près, bien qu’il sente très fort.

« Vous l’aurez constaté, Bélier, Virus, Scorpion
Vous l’ont bien enfoncé, profond, dans le fion !
J’aimerais vous poser une simple question :
Les aides de l’État, d’après la Commission
De l’Euromembrement, vont où dans la Nation ?
Au secteur productif ? L’économie réelle ?
Que nenni ! Presque rien ! Le fond de la gamelle…
C’est aux banques, par milliards, pour couvrir leurs méfaits,
Assurer leur pouvoir et c’est nous qui sommes faits.
Et il en va ainsi pour tout l’argent public
Qui va au cinéma, à la classe politique,
Pour financer des goinfres qui partent avec la caisse…
Si ce n’est pas trahir, alors, dites-moi, qu’est-ce ?
Toute cette gabegie, c’est pour quel résultat :
Nous sommes pauvres, affamés et en mauvais état.
On surveille nos gestes, nos faits et on nous note.
Bien qu’étant performants, on nous laisse pour des crottes.
Il est venu le temps pour nous de dénoncer
Le modèle politique de cette société
Quand elle oublie le sens du mot légalité,
Quand elle nous fait croire que la légitimité
Ne tiendrait seulement qu’à des bulletins dans l’urne
Et que tout soit permis, comme chausser des cothurnes,
Faire l’acteur outragé, le ministre offensé,
Le patron contrarié et tous de menacer
De quitter les Pâtures pour d’autres pâturages…
Qu’on les pende et les saigne… Ça fera du ménage. »


07 janvier 2013 / «® / ©»