La couleuvre de Montpellier : Malpolon monspessulanus
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La couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus)



La route pour les serpents est un piège mortel.
Les voitures les écrasent, le goudron les englue,
Quand le soleil est chaud et qu'il est tout fondu…
Pour traverser alors, il nous faudrait des ailes.

Quand vous êtes arrivé, je ne pouvais plus bouger
Puisque tous mes appuis étaient comme soudés.
D'aucun, plus ordinaire, m'aurait, sûr, écrasée.
Vous vous êtes arrêté et m'avez ramassée.

J'étais de belle taille et pour remerciement,
De suite, je vous mordis et même jusqu'au sang.
Bien inutilement, vous n'avez pas lâché
Et moi non plus d'ailleurs et j'ai même serré
La main qui me tenait.
____________________J'étais morte de trouille.
Avais-je devant moi de ces princes grenouilles
Qui demeurent maudits jusqu'au baiser des fées ?

Votre amie intriguée a les cheveux défaits !

Les grenouilles, voyez-vous, sont rares sur mes garrigues.
Je chasse les souris ou bien les becfigues,
Leur injecte un venin qui tuerait mille rats.
Il est aussi puissant que celui des cobras.

Il ne vous fera rien, puisque mes deux crochets
Sont au fond de ma gorge et mon venin ne sert,
Pour les proies avalées, qu'à bien les digérer.

Si ma morsure s'infecte, ce sera de misère…

Puis, vous me remettez aux herbes parfumées.
Dommage, car sur vous mains, j'aimais déjà glisser,
Constricter vos poignets.

____________________Je m'étais habituée.
Mais s'il me faut choisir… vive la liberté !

Saint Étienne de Tinée, Alpes de Haute Provence.