| Sur le fait que je porte ce manteau élégant Qui, vous y souscrirez, me va bien mieux qu'un gant, N'en déplaise au roselin, ne doit aux glaciations Que sur un point précis, rien à l'évolution : Lorsque survint l'hiver, l'homme vite dépourvu, Fut contraint d'inventer les stocks et les conserves Les milices armées pour tuer les inconnus, Affamés et voraces, avant qu'ils ne se servent. En un mot comme en cent, il inventa la guerre, Le soldat imbécile et le prêtre qui n'est guère Bien plus intelligent et dont l'unique fonction Fut de donner au sabre, une bénédiction. Alors, il y eut des morts, des milliers, des millions, Sur les champs de bataille, sur les près, les sillons Abreuvés de sang pur et des restes putrides D'enfants de la patrie et de sans-culottides. Sur les charniers infects, le gerfaut ne vient guère, Les vautours sont frileux et quant au percnoptère, Il pue comme charogne et manque de respect. Manger des macchabées rime avec dignité. Il fallait des oiseaux alliant l'habit de deuil Au plastron qui sied bien à la pompe funèbre, La raideur calculée de ces porte-cercueils Qu'on voit dans les cimetières, poussant vers les ténèbres Le mort d'une cirrhose, bien au frais dans sa bière. Déjà les héritiers interrogent le notaire… Nous remplîmes ce rôle avant que crématoire Ne devienne pour certains un détail de l'histoire.
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