| J'étouffe, c'est horrible… Du plancton plein la bouche. Mon lac s'est transformé en soupe primitive Qui infecte le doigt aussitôt qu'il y touche. On en meurt aussitôt de diarrhées vomitives. Des tonnes de poissons pourrissent le ventre à l'air. La puanteur est telle qu'on regrette l'enfer. Les Grecs ont déversé leurs melons et leurs pêches, Car à les vendre cher, le marché l'en empêche. Produisez ! Produisez ! On verra bien après. En à peine deux ans, les paysans ruinés N'eurent plus de solution qu'obéir aux diktats Des coopératives, des banques qui, avec tact, En firent des esclaves de l'Europe du pognon. Qu'il y eût des opposants, c'est affaire d'opinion Qu'on éteignît bien vite à grands coups de matraque Et plus insidieusement, par la pub des marques Qui ventent la nature et les bons produits frais, La jeunesse du corps, les rides effacées… C'est toute la planète qui prend un coup de vieux. Au temple de la bourse, l'actionnaire est un Dieu. Curieux Dieux que ceux-là qui pensent que l'Olympe, C'est le cours des actions et du CAC qui grimpe… Pour qu'il le fasse encore et toujours et encore, Supprimons des emplois. ________________Un bon employé mort Est vite remplacé par quelque sans papier, Voyageant en camion où il meurt étouffé. Tout ça à cause d'un lac envahi de plancton… La connerie des hommes, comment s'en planque-t-on ?
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