| Je dors sur une poutre. Elle supporte un pont Qui soutient une piste qui s'arrête à ce pont. Sous le pont, une porte en arrête les eaux Comme le font les écluses qui barrent les ruisseaux. La porte ferme une digue qui enferme un grand lac Qui s'échappe en torrent et fuit ce cul-de-sac. Comme il manque une pierre dans la maçonnerie, C'est là que je camoufle la mousse de mon nid. Je me couche de bonne heure car je suis fatigué Quand survient vers le soir, la fin de la journée. Comprenez ! Tous ces bains, répétés ! Je m'épuise Á chasser les insectes dans l'eau où je les puise. Pourriez-vous demander au catmarin qui plonge D'arrêter de miauler pour qu'enfin dans mes songes, Je m'y laisse glisser comme dans les courants Dans une bulle de bulles aux beaux reflets d'argent. Il ne cesse de crier et c'est très agaçant. Qu'ils se taisent, mais alors, ce sont les grues cendrées Qui piaillent ou les castors qui sont vraiment frappés ! Sachez-le, tous ces bruits me glacent jusqu'au sang. Mais la nuit, il fait jour, j'ai comme un petit creux Vous me verrez partir et vous m'entendrez mieux Chanter comme mon cousin, le troglodyte mignon, Si j'arrive à couvrir le bruit des tourbillons Des rapides et des chutes et comme un vibrion Voler le long des rives comme le fait l'alcyon. Puisque vous êtes là, vous devriez saisir Une occasion unique de vous faire grand plaisir : En observant les loutres qui vont chasser les perches, Courir le long des berges, sans cesse à la recherche D'une occasion de jouer, de se mordre le cou, De poursuivre leur queue et puis, toutes d'un coup, Á jamais disparaître sans faire de remous Pour reparaître ailleurs quand vous mettrez les bouts. Quand vous irez en France, dans les montagnes au Sud, Quittant mes latitudes pour d'autres altitudes, Donnez donc le bonjour à mes petits cousins, S'ils arrivent à survivre à ces foutus bousins Que sont les pollutions qui noient les névroptères Rendant notre avenir tout aussi éphémère.
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