La perdrix choukar : Alectoris chukar
®
La perdrix choukar (Alectoris chukar)


Sur les pentes volcaniques qui dominent la Lydie,
Où coulent les Méandres qui sont fleuves capricieux,
Serpentant doucement et traînant sous les cieux,
J'ai choisi un buisson pour installer mon nid.

J'y ai couvé mes œufs et éclos mes petits
Qui m'accompagnent depuis partout là où je vais
Et jusque dans vos pieds. Je répugne à voler,
Car à les laisser seuls me vaudraient des soucis.

Je cours, toute dressée, m'éloignant un instant.
Je reviens doucement, complètement courbée,
M'allonge sur le sol, espérant échapper
À vos observations qui me troublent grandement.

Je m'éloigne à nouveau. J'appelle mes enfants,
En onomatopées qui m'ont valu mon nom.
Mais mes boules de duvet sont figées d'émotion.
Parfois l'inhibition les protège sûrement,
Car ils sont invisibles même aux yeux des rapaces.
À plus forte raison, à ceux des hommes qui passent,
Fussent-ils ornithologues, disent aimer les oiseaux…

Passion qu'il faudra que vous m'expliquiez bientôt.
Je ne la comprends pas ; sauf à être voyeur
On bien à procurer motif au voyageur
De gravir les pentes du volcan Ulu Dag :
Une piètre odyssée, sauf à vous tordre l'iliaque.

Je profite du moment (vous regardez ailleurs)
Pour disparaître vite, définitivement.
Mes petits l'avaient fait, un temps auparavant…

Ils oublieraient bien vite cet instant de frayeur !

Pentes du Ulu Dag, Bursa, Turquie.