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Le choix désarme !


Virus* venait d'avoir une autre idée loufoque !
Il voulait imposer que chaque bébé phoque
Qui fut assassiné juste aux confins des pôles
Fut parrainé par un agneau dans son école.

Virus, qui était en grande difficulté,
Envoyait à nouveau un écran de fumée.
Il démontrait aussi qu'il était très retors
Usant de l'émotion du souvenir des morts.

Mais pour ce génocide, n'évoquant que les phoques,
On pouvait craindre que, des autres, il s'en moque,
Des lionceaux, des outardes, des gazelles, des sousliks
Qui n'auraient donc pas le même poids historique.

Comment imaginer, par ailleurs, qu'un agneau
Qui sait encore à peine bêler ses premiers mots
Comprenne, qu'en des temps lointains et disparus,
Des moutons déportassent des bêtes pour qu'on les tue ?

À moins qu'il ne regarde sur les bancs de sa classe
Comment il se fait que des petites bécasses
Des lionceaux, des outardes, des gazelles, des sousliks
Disparaissent à jamais pour gagner les Tropiques !

Menottés, bâillonnés par des chiens militaires
Ou des chiens policiers avec des grosses molaires,
Qui referment en riant la porte de l'avion
Comme ils saluaient le train pour la concentration.

D'ailleurs, il y a des moutons qui se réjouissent
Quand Virus fait donner ses forces de police.
Leurs agneaux, à l'école, entendraient des discours.
Leurs cerveaux formatés les y rendront tous sourds.

N'était-ce pas cela que Virus déclamait
Quand il affirmait que la violence est innée,
Que, dès la maternelle, les agneaux endurcis
Sont des criminels nés et de futurs bandits ?

De ceux-là qui sauraient très bientôt le servir
Pour mettre au pas les bêtes ou pour les asservir
Et pour les déporter si elle faisaient le choix
De Lui déplaire et de provoquer son émoi.

16 février 2008 / «® / ©»



* Virus est l'actuel président des Pâtures.