Le chien domestique : Canis familiaris
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Le chien domestique (Canis familiaris)



Un chien devenu vieux et souffrant de son âge
Se vit confier d'un chiot qu'il en fit le dressage
Pour qu'il chasse les rats, les loups et les larrons,
Qui sont vos ennemis et troublent vos maisons.

Le chiot apprit très vite en même temps qu'il grandit
Puisqu'il lui suffisait d'aboyer fortement
Pour que fuient assez loin ceux qui traînent la nuit,
S'enveloppant des ombres comme le font les brigands.

Le vieux chien fut pendu, mais eut une épitaphe…
Que là où il était, il serait plus heureux !
Un grand tas de fumier lui fit un cénotaphe...
Puis on le dit plus tard, mais il était galeux !

La place étant vacante, le chiot fut enchaîné :
Qu'il monte bonne garde, il aurait sa pâtée.
Une souris prudente, dès à la nuit tombée,
Sortit de son enfer pour fromage grignoter.

Le chat, tout à ses rêves, point ne l'entend passer.
Mais à peine a-t-elle fait un pas hors de son trou
Que le chiot à sa chaîne, la tirant par le cou,
Aboie et se déchaîne, réveille la maisonnée.

Le maître alors furieux qu'on trouble son sommeil
Bât le chiot comme plâtre. Il lèche alors ses plaies.
Un loup vient à passer, mais le chiot reste muet.
__ Un coup de fouet de plus me prive du réveil.

Tant pis pour les brebis promptement étranglées
Et que vienne un voleur, je remuerai la queue.

Ce qu'il fit au matin, quand furent assassinés
Son maître et tous ses gens dans la maison en feu,

Pour qu'on le détachât et sitôt qu'il le fut,
S'enfuit au fond des bois aussi loin qu'il le put
Des hommes qu'il aimait, mais l'avaient rabroué,
Battu et mal nourri d'un bien maigre brouet.

Ajoutons, il le faut, que toute ressemblance
Avec quoi que ce soit serait coïncidence,
Car les histoires de chiens ne valent rien aux hommes
Qui, s'ils ont du boulot, sont très heureux, en somme.

Que des maîtres aux valets imposent qu'ils soient flexibles,
Payés à coup de trique, n'est certes pas crédible.
Qu'ils arrivent trop vieux et ne valent plus rien,
Peut-on imaginer qu'on les jette comme des chiens ?

De plus, on ne voit guère d'ouvriers qui sabotent
La tâche qu'on leur confie sur laquelle ils robotent,
Même si des actionnaires, pour que la bourse prospère,
Veulent des licenciements, des baisses de salaire,

Des restructurations délocalisatrices
Et exploiter à fond la veine spoliatrice.
Il serait temps pourtant que les chiens se révoltent,
Dévorent les maîtres, leurs fouets et jusqu'à leurs récoltes.

Inspiré par Ruben, Kerpotence, 2001 - 2008.