Le cheval : Equus caballus
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Le cheval (Equus caballus)



J'ai toujours eu du mal à faire un double six
Pour quitter l'écurie pour commencer à jouer,
Avancer comme les dés et espérer rentrer
Sans qu'un autre cheval me morde le rachis.

Je construis des palais de cailloux ramassés,
Car partout où je passe, au hasard des tournées,
Je les mets dans mes fontes et les fonds tout entiers,
En fonction de leurs formes, prisonniers du mortier.

J'étais pour les Bretons et tous les paysans,
L'orgueil de la famille et toute sa richesse.
Je tirais le tombereau et même le brabant,
Et enlevais aux champs un peu de leur rudesse.

Je m'accroche par la queue, tout droit, tout vertical
Et incube mes œufs et sans péridurale,
J'accouche, comme il faut, mes petits hippocampes
Qui, au moindre danger, dans les algues décampent.

Sûr ! La belle Hélène m'avait pris pour une poire,
Me fixant, près de Troyes, rendez-vous quelque part !
Avec mon frère Énée, nous prîmes le départ,
Pour y être avant l'aube et de retour le soir.

Les batailles me défrisent, me laissent désarçonné,
Me donnent de la fièvre, des vapeurs, des émois.
Je bascule. Je vais faire des boutons d'haquenée.
Il me faut un remède que j'avale d'un seul trait.
Puis, je vais à la selle, au trot, au fond du bois.

La graissière, Villaines la Juhel.