Le chat de gouttière : Felis domestica
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Le chat de gouttière (Felis domestica)



On me dit hypocrite, patelin, sournois, fielleux,
Fourbe, matois, retors et l'air d'en avoir deux…

Je suis chat, simplement, épris de liberté.
Je n'aime pas les hommes qui m'ont domestiqué,
Pour autant qu'ils le pensent et croient me dominer.

Je n'aime que la soucoupe quand vous la remplissez
De bouchées délicieuses ou mieux encore de lait ;
Et votre canapé, je m'y plais à rêver
Du temps où j'étais Dieu, comme tel adoré
Ou d'oiseaux, aux mangeoires, quand vous les nourrissez
Que je tue, si je peux, par simple cruauté
Et que je vous rapporte, car vous serez fâché…

Je prends du plaisir à vous entendre crier
Sur ce crétin de chien, quand je vous ai volé
La viande dans votre assiette et que je fais tomber.
Aussitôt goulûment, il vient la dévorer.
Car dans l'instant il est sévèrement grondé,
Banni dans le jardin, à jamais répudié,
Pendant que sous un lit, je me serai caché,
Invisible, introuvable et comme évaporé.

La mémoire vous fait défaut, je reviendrai
L'air de rien, queue en l'air, sur vos jambes, me frotter
Ou bien sur vos genoux pour être caressé…

Sachez-le, ça m'énerve, ça m'électrostatique,
M'horripile les poils et tout l'épidermique.
Je me retiens, sinon, je mordrai, grifferai…

Je fais un gros effort, c'est le prix à payer
Pour être sûr que vous avez tout oublié.
Je m'étire en baillant, je pense à vous griffer,
Je vais jusqu'au frigo, bêtement refermé,
M'assois devant la porte et ne cesse de miauler.
Je n'ai pas vraiment faim. Je veux vous embêter.

Voilà, je vous ai tout dit et tout confessé.

Á vivre avec un chat, il faut vous adapter.

Les hommes bien souvent sont autrement madrés
Et souvent, par paresse, vous vous en accordez.

Kerlivio, Hennebont.