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Le chameau (Camelus bactrianus)



Le vent chaud de la steppe dessèche la poussière
Qui tournoie sur la route où j'avance à grands pas,
Chargé de marchandises, arrimées à des bats,
Qui me battent les flancs recouverts de crinière.

J'avance à grands pas et bientôt vous dépasse.
J'arrive le premier au bord de la noria.
Mais il n'y a plus d'eau, pas même un fond de tasse,
Dans l'abreuvoir en bois, en planches d'acacia.

Je me couche et blatère en proie au désespoir.
Je suis parti sans bière et sans aucune poire.
Mon cornac est paumé, quelque part en arrière,
Probablement beurré et chu dans une ornière.

Nous sommes maintenant une bonne douzaine,
À tourner, assoiffés, autour de la fontaine.
Vous arrivez aussi en butant sur les pierres
Du pas mal assuré d'égaré du désert.

Vous faites couler l'eau en tirant sur la corde
Qui actionne le levier qui relève le sac
Qui verse et puis se vide et agrandit la flaque,
Au fond du bac en bois, qu'aussitôt on absorbe.

Abreuver des chameaux quand ils ont vraiment soif
Veut que l'on ait des muscles. Il leur faut beaucoup d'eau
Pour bien les apaiser. Sans doute, une carafe
Pourrait vous contenter. Il nous faut plusieurs seaux.

Nous buvons bien plus vite que vous ne pompez l'eau.
Nous sommes impatients, vous marchons sur les pieds,
Vous couvrons de salive et vous mordons le dos,
Vous bousculons jusqu'à ce que vous vous fâchiez…

Vous partirez sans boire…

__________________Nous sommes désespérés !

Smolyan, Bulgarie.