| La frontière albanaise est maintenant tout près. Sur une piste ravinée du Kosovo voisin, Vous êtes embourbé. C'est à cause de l'orage Qui déverse ses trombes et dont le ruisselage Entraîne rapidement le sable jusqu'au loin, Puis les graviers les suivent et enfin les rochers. Il vous faudra attendre ces militaires hilares, Qui viendront au matin d'une caserne voisine Avec des bulldozers armés de gros canons Pour refaire la route et permettre au camion De poursuivre son chemin au travers des ravines Dans lesquelles vous cassâtes la coque du réservoir. Je vins pendant la nuit et je me fis entendre. Vous ne me vîtes pas en dépit des appâts Que vous mîtes par endroits, espérant me surprendre. Je piquai la poubelle et fuis dans le fracas Des boites de conserves qui, toutes, s'échappaient Et roulaient sur la pente, du sac déchiré.
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